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Un peu d'histoire...

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Bouge... Un peu d'histoire...

Les associations bougeoises qui sont au coeur de la fête de ce 40ème anniversaire n'ont cessé de rassembler les bougeois, car Bouge est géographiquement divisé en deux : en venant de Namur par la chaussée de Louvain, à gauche Bouge Moulin-à-Vent et le « Vieux Bouge », à droite. L’église du « Vieux Bouge » église Sainte Marguerite fut bâtie en 1870 sur l’emplacement d’une chapelle de Sainte Marguerite d’Antioche qui a aussi remplacé une plus ancienne.

Dans la partie du Moulin-à-Vent, il y avait une chapelle en bordure de la chaussée de Louvain, elle dépendait autrefois de la paroisse namuroise de Saint-Joseph. En 1839, elle fut réunie à la paroisse Sainte-Marguerite et devint paroisse à son tour en 1929.

Plus tard la petite Chapelle du Moulin-à-Vent a été remplacée par l’église du « Moulin-à-Vent » à la place des Tilleuls au n° 1.

A côté de la porte d'entrée, il y a une inscription sur une pierre :

L'an de grâce 1967, le 16 avril à la gloire de Notre-Dame, le Chanoine Tasiaux doyen de Namur a béni cette pierre.

Ferme de Ponty
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Plus haut à gauche de la chaussée de Louvain, on aperçoit la ferme du 18e siècle Pontiche (Ferme du Pont). Le propriétaire Ponty ou Pontiche avait deux fils. Un jour, ils se sont battus en duel. Le premier fut tué sur place et l’autre mourut plus tard des suites de ses blessures.

Ponty n’ayant plus d’héritier fit don de sa ferme à la léproserie. A cet endroit, il n’y a que des terrains de culture. A cette époque, un petit tram passait par la rue des Mines devenue rue Hébar, traversait la chaussée de Louvain et passait près de la ferme Ponty où il y avait un petit étang en contrebas (récupération d’eau de pluie) qui abreuvait les vaches.

La ligne de tram passait ensuite par l’Arquet, puis la rue de la Chapelle qui est devenue rue Joseph Wanet. En bas de cette rue , il y avait un petit sentier, le tram passait sur le pont et allait à la rue d’Arquet où il y avait le marché des bestiaux et s’arrêtait derrière la gare au boulevard du Nord. L’administration des chemins de fer a fait procéder à l’adjudication des travaux nécessaires au voûtement du ruisseau « l’Arquet », entre la passerelle d’Herbatte et la verrerie de ce nom. C’est dans ce chemin, bordé de carrières, que fut tracée la ligne vicinale Namur-Forville.

 

 

 

Dans la rue de Coquelet, il y avait un Couvent des Sœurs Rédemptoristes qui dominait la vallée de Namur.

« La Poteresse »
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Dans les campagnes entre les « deux Bouge », se trouve un petit étang appelé « La Poteresse ».

La terre étant argileuse, il y avait une briqueterie pas loin de là.

A l’heure actuelle, on y voit encore les ruines

Au vieux Bouge, rue de l’Institut, se trouvait un institut pour sourds et muets qui a été construit en 1882.

L'église du « Vieux Bouge » église Sainte Marguerite fut bâtie en 1870 sur l'emplacement d'une chapelle de Sainte Marguerite d'Antioche qui a aussi remplacé une plus ancienne.

Plus loin la Ferme du Quartier, voisine immédiate de l’église Sainte-Marguerite, est aujourd’hui reconvertie en restaurant. C’est un ensemble qui s’est développé à partir d’un donjon primitif médiéval. Cette exploitation était déjà citée à la fin du XVI e siècle, sous le nom de Ferme (ou cense) del Tour ». Elle devait évidemment ce nom à la tour médiévale dont on aperçoit encore le reste à l’entrée. Au XIX e siècle, la ferme devint la propriété de la famille de Cartier. De là viendrait peut-être son nom actuel, « du Quartier » qui serait une déformation du nom de ses propriétaires. La ferme du Quartier pourrait très bien avoir été la dernière demeure de Don Juan d’Autriche.

 

 

Chapelle Sainte Rita

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Après la rue de l’Institut, par la rue du Château, on arrive à la Chapelle Sainte-Rita. En 1935, les religieux de l’ordre de Saint-Augustin d’Heverlée près de Leuven, vinrent se fixer dans un château ayant appartenu à la Baronne de Cartier situé à quelque cents mètres de l’église Sainte-Marguerite. Dans les vieilles caves voûtées sous la chapelle Sainte-Rita à Bouge, les pères Augustins ont aménagé une crypte où l’on peut voir, réplique de celui de Cascia, un sarcophage transparent dans lequel repose une figure de cire de grandeur naturelle représentant la sainte.

Chaque année, la semaine du 22 mai (date d’anniversaire de la mort de Sainte Rita (le 22 mai 1447), de nombreux pèlerins venant des quatre coins de la Belgique se rendent en pèlerinage à Bouge. Ce jour là, il y a beaucoup de cars flamands. Tout le long de l’année, des pèlerins lui rendent visite.

 

 

 

En bas de la route d’Hannut, dans les rochers des Grands Malades, vivaient les lépreux.

Dans le temps Bouges s’écrivait avec un s. Bouge c’est le «  Payis dès baloûges ». (Pays des hannetons). Pourquoi ? Parce que « Baloûges » rime avec Bouge. On dit à quelqu’un qui a un comportement un peu bizarre. « Il a one baloûge dins l’tièsse ». Il a un hanneton dans la tête. Avant il y avait beaucoup de hannetons maintenant on n’en voit presque plus.

Une importante manifestation folklorique à Bouge est le grand feu (connu dans toute la Belgique). En fait, il s’agit d’une de ces survivances du paganisme qui dans les campagnes a survécu à la christianisation. Dans les religions primitives le feu passait pour avoir une influence magique. Dans le Namurois, c’est le feu annonçant la naissance du printemps qui était surtout en honneur. La figure de Don Juan fut toujours populaire à Bouge. Elle n’a jamais cessé d’intéresser le folklore. La confrérie du Grand Feu de Bouge promène par nos rues, un géant portant son nom.

Bourgmestres de Bouge __________________________

Adrien Michotte de 1815 à 1817,

Philippe Lanselle de 1817 à 1843,

Maximilien Galloy de 1843 à 1844,

Antoine Huccorne de 1844 à 1852,

Honoré Delimoy de 1852 à 1893,

François Lemercinier de 1893 à 1896,

Louis Delimoy de 1896 à 1932,

Georges Attout de 1932 à 1954,

Jean Attout de 1954 à 1964,

André Collard de 1964 à 1976. Ensuite, ce fut la fusion des communes.

Ci-contre la rue Georges Attout, bourgmestre de Bouge

 

 

Qui était Don Juan ?

Il était le fils de Charles-Quint et d’une jeune femme de Ratisbonne, Barbara Blomberg. Né en 1547, il fut baptisé sous le nom de Géromino. L’endroit de sa naissance n’est pas connu avec certitude. A l’âge de trois ans, alors qu’il vivait à Bruxelles, il fut confié par l’Empereur à un musicien de la chapelle impériale, Adrien Dubois, qui devait l’emmener en Espagne où il séjourna jusqu’en 1554, dans un village des environs de Madrid. A partir de cette date, il fut élevé au Château de Villagarcia par Dona Magdalena de Ulloa, épouse du majordome de l’empereur, Don Luis Mendès Quijala.

Au moment de sa mort, Charles-Quint reconnut son fils naturel par testament. Philippe II ayant succédé à son père, fit venir auprès de lui son demi-frère et lui révéla sa véritable origine.

Il lui fit abandonner son nom pour prendre celui de Don Juan d’Autriche, et l’installa dans son palais de Vallaloïd.

Là, Don Juan d’Autriche eut alors comme compagnons Don Carlos, (le fils de Philippe II) et Alexandre Farnèse.

Ayant choisi la carrière des armes, il se tailla très tôt une grande renommée. Il dirigea avec succès les expéditions contre les Maures, entre 1568 et 1570 et se couvrit de gloire en remportant l’éclatante victoire navale de Lépante contre les Turcs en 1571. Il avait alors 24 ans et il était déjà le général le plus célèbre de l’Europe.

En 1577, Philippe II le désignait comme successeur de Don Luis de Réquessens gouverneur général des Pays-Bas. Il était beau garçon, intelligent et très aimable.

L’armée royale entra en contact avec celle des Etats au moment où celle-ci atteignit Gembloux. Ce fut la bataille de Gembloux. L’armée des Etats avançait péniblement sur une route en corniche, le long d’un ravin, lorsque la cavalerie espagnole commandée par Alexandre Farnèse fonça sur elle, l’attaquant à l’improviste et sur le côté. Don Juan arriva alors avec le gros de ses troupes et défit facilement cette armée en panique. Une chapelle, connue aujourd’hui sous le nom de « Chapelle-Dieu » fut élevée à Gembloux pour commémorer cette victoire.

Don Juan ne paraît pas seul, mais accompagné par son neveu Alexandre Farnèse et escorté militairement par un groupe de hallebardiers wallons au service de l’Espagne.

En 1578, Don Juan, enfant naturel mais reconnu de l’empereur Charles-Quint, demi frère de Philippe II, roi d’Espagne, achevait à Bouge, à l’âge de trente ans, une existence aussi brève que tragique, belle comme une épopée palpitante, comme un roman de cape et d’épée, riche comme une enluminure.

Vainqueur des Maures en Andalousie, sauveur de l’Europe face aux Turcs, à Lépante, il arrive dans nos provinces, venant d’Italie, dans les régions en pleine anarchie, sur le point d’échapper au contrôle de Philippe II .
La fin d’une longue et grande amitié. Alexandre Farnèse et la mort de Don Juan (octobre 1578)

C’est le 16 septembre que Don Juan fut pris de fièvre. C’est probablement en visitant les soldats malades de la fièvre typhoïde que le gouverneur général avait contracté le mal. Dans le village de Bouges, il n’y avait, lorsque l’armée s’installa aux alentours, que neuf maisons de paysans, occupées par des gens en majorité déjà atteints par le fléau. Les soldats espagnols en furent immédiatement infectés. Certains jours, on compta plus de 300 décès.

Don Juan s’était toujours beaucoup occupé des soldats de son armée qui étaient victimes de maladie ; il les visitait dans leurs baraquements, il allait chercher lui-même les chariots nécessaires à leur transport à l’infirmerie. Il a fait construire à Bouges un hôpital isolé pour les victimes.

On transporta Don Juan malade sur les hauteurs de Bouges dans une ferme en ruine, où un vaste colombier à deux étages était resté debout. On remplaça l’échelle par un escalier ; on ferma les ouvertures par des rideaux ; on couvrit les murailles de tapisseries. C’est dans ce misérable logis qu’il allait agoniser et mourir le 1er octobre 1578 à 14 heures.

La ferme de Don Juan d’Autriche se trouve dans un cul de sac qui porte le nom de rue Don Juan d’Autriche. Elle est aujourd’hui la propriété de Monsieur Baivy.

Toutefois, comme nous l’avons vu, un acte notarié, daté du XVI e siècle et concernant la ferme dite «  du quartier », y renseigne une grosse tour carrée. Cette ferme s’appelait autrefois « ferme d’el tour ». Cela semblerait donc indiquer que Don Juan serait plutôt mort à la ferme du Quartier.

C'est en souvenir de Don Juan d' Autriche, qu'il y a une rue de Lépante à Bouge. Elle se situe après le Chemin des Aides vers la droite. (bataille de Lépante. Il avait écrasé les Turcs.(7 octobre 1751) victoire des forces chrétiennes de la Sainte Ligue (Espagne, Venise, Saint-Siège) dirigées par Don Juan d'Autriche, sur la flotte ottomane, près de Lépante (aujourd'hui Naupacte, Grèce)

Don Juan a d’abord été enterré à la cathédrale Saint-Aubain à Namur, il fut ensuite exhumé et dépecé ; son cœur et ses entrailles restèrent à Namur, le reste fut transporté en Espagne, à l’Escurial dans l’église Saint-Laurent où il fut enterré auprès de l’Empereur Charles, son père.

A la Cathédrale Saint-Aubain, le monument lui-même fut démonté et remonté plusieurs fois. Il a aujourd’hui la forme d’une plaque de pierre, gravée d’une épitaphe, et placée au dos de l’autel principal de la cathédrale.

Il importe de souligner ici que c’est de Namur qu’est partie la « reconquista » des Pays-Bas par l’Espagne dont Alexandre Farnèse, le successeur de Don Juan, sera le principal artisan. Au début du XVII e siècle, notre ville apparaîtra, en quelque sorte, comme la capitale des Pays-Bas espagnols.

Marie-Paule Lambert épouse Fernand Focant

Je remercie les personnes qui m’ont donné des renseignements.

Merci à notre regretté Monsieur Jean Fivet, à mon amie Marielle Collard, à mon oncle Carlo et à l’écrivain historien Joseph Valynseele rencontré à Paris en novembre 1968.

 

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